L'Absolu, revue littéraire Texte de Alexandra Apperce

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"Conversation avec mon sexe"

J’ étais une de ces femmes qui s’ emmerdent dans leur périnée.

Il parlerait.

Il n’aura pas vraiment le choix puisque c’est ma tête qui commande, oui les commandes sont en haut, le contrôle c’est en nous, c’est localisé, après ça glisse dans le ventre, juste quand il nous la mette dedans, quand il nous mettent dedans. Et un jour on a cherché à me la mettre dedans sans que je le sache vraiment, on a essayé.

Je suis donc allée chercher mon vagin. Au début je ne savais pas bien en face de qui j’allais parler, le vagin, l’utérus, le clitoris, j’ai hésité.

Parce que mon sexe c’est tout ça, c’est un ensemble, c’est presque un groupe, un lobby. Mais il fallait que je lui parle, que j’accède à lui, que je ne le laisse plus tout faire tout seul ou presque, j’avais des pensées comme celles là depuis ce jour où je ne l’ai pas vraiment contrôlé, où il n’a pas pu se défaire.

Je pense qu’il doit être content ce sexe, de se trouver dans ce corps, de lui faire pression, dedans. Je ne sais pas si les hommes voient ce que je veux dire, à cause du leur, qui pend, qui s’agrippe. C’est autre chose le leur, il se raccroche à eux comme un désespoir mou, raide oui parfois, mais ça c’est en pleine conversation.

Je me suis souvenue très loin.

Je l’avais d’abord baladé dans la rue, je veux dire quand j’ai eu conscience d’en avoir un, quand on me l’a fait comprendre. Ca c’était passé très vite je me souviens bien, je devais avoir dix ans sur le chemin de l’école, et une sorte de sale type en blouson de cuir marron m’a choppée par le bras en me disant un truc qui se rapprochait de « je te la met et je te paye un café après » tout de suite j’ai pensé au café, pas vraiment de mon âge, et puis je me suis souvenu de mon cousin qui en buvait déjà à onze ans, enfin, j’ai pensé au café.

Le lendemain je l’ai recroisé le type blond au blouson marron, il ne m’a même pas regardée, c’est idiot mais je crois que je m’attendais à ce qu’il m’en dise un peu plus, comme ça avant l’école de mon âge.

J’avais pensé à cette époque qu’il était nécessaire qu’on me dise tout ça vite fait dans la rue, apprendre le sexe dans la rue, le sexe de la rue comme les dames en blanc et rouge avec ces talons, je me disais qu’être grande ce serait maîtriser tout ça, marcher en cherchant du sexe, c’est ce que mon trou béant, cette bouche encore hébétée avait à comprendre.

Hier soir elles étaient encore là, les dames, comme des pigeons dehors, par terre, les pattes plus longues que celles des pigeons oui, avec plus de couleurs, mais pigeons quand même, à roucouler entrouvertes, cette maison on m’a dit qu’elles y habitaient à plusieurs , j’ai posé la question une fois en sortant de la ford capri mk one jaune canari, jaune comme des jupes, criard comme les couleurs des dames. J’ai posé la question parce que je suis intriguée par des femmes qui vivent ensemble, c ‘est à dire tout ce qui est différent de ce que je vis moi, alors pourquoi on ne vit pas avec des dames nous aussi, j’aurais bien poussé leur porte.

J’aurais bien vu la rose, la dame rose, me beurrer une belle tartine de pain, je les voyais maternelles avec un couteau à beurre et puis des doigts très longs, habiles oui.

Une, en rouge, me sourit quand je la croise, elle m’aime bien mais pas encore assez pour que j’entre.

Toutes sont coiffées de cette façon, avec une mèche qui recouvre un œil, alors elles penchent la tête, et lancent leur cou en disant bonjour, c’est pour voir avec leurs deux yeux, je demanderai ce soir à ce que l’on me coiffe comme ça, je dirai, coiffe moi comme les dames.

Aujourd’hui j’ai tout fait pour que l’on m’achète des chaussures noires vernies j’ai tout répété par cœur à l’école, après je suis sortie dans la cour, j’ai regardé mes pieds sans leurs chaussures vernies, celles que je voulais, à mes pieds. Je me suis dit qu’elles ne tarderaient plus, et que j’allais peut être ressembler à celle d’hier, les talons ce sera un rêve pour plus tard, quand je serais comme elles, grandes, comme un pigeon qui piétine dehors, la pluie, les murs, à manger. Ensuite j’ai écrit dans mon carnet Et mes chaussures vernies avec un point d’exclamation.

Ce soir ma tante vient me chercher, dormir chez elle ; sa coupe de cheveux, celle que j’admire avec ma bouche en rond ; je monte à l’arrière.

Je coince mon genou entre les deux sièges avants, les bras sur les dossiers, ma tête sur mes mains, on voit bien la route.

Elle met la radio, ne me parle pas, je regarde ses pieds, de grands talons blancs, sa cheville se cabre quand elle freine, c’est très beau.

Je regarde mes pieds, je mime, le mouvement de son pied gauche, de mes pieds noirs et vernis.

Nous arrivons rue de l’abreuvoir, là où je dormirai, j’ai emmené deux poupées, de quoi les coiffer, je tiendrais des jours comme ça.

je dis bonjour à mon oncle du moment. Il est là de puis des siècles, des mois.

Je l’aime bien , il m’emmène pêcher , j’apprend à monter une gaule, choisir les hameçons, je sais bien faire ça maintenant , savoir comment attraper.

Demain on va partir très tôt, tous les deux, je me dis que je suis adulte parce qu’il m’emmène avec lui, ça doit être pour ça, et pêcher.

J’ai mis des bottes vertes , loin de celles des dames, mais ce matin je vais pêcher, je suis habillée ainsi dans un but précis, on sait ce que je vais faire, on devine, comme elles.

Au bord de l’eau, je sors le matériel, fixe mes plombs, choisi l’hameçon numéro quinze à tête triple, le bouchon fuselé, parce qu’il y a un peu de vent, ouvre la boîte à vers, ils grouillent, je choisis toujours celui qui se redresse en premier, et l’éventre, je lui passe à travers jusqu’au milieu de mon crochet, il se tortille encore. Me donnera ce que je lui demande.

On m’a promis un lancer pour Noël, et je pourrai pêcher comme mon oncle, en lançant la canne de côté, et dans un beau geste, me faire tous les poissons d’ici.

Mon oncle m’averti , je ne dois pas trop m’approcher, il n’ira pas me chercher, les menaces pour que la môme ne remue pas trop, le danger il ne veut pas, mais pêcher avec quelqu’un qui aime, il veut bien, il ne connaît pas grand monde ici, moi le même sang que sa dulcinée, il apprécie bien, il me regarde, la voit avec lui, ici, au bord de l’eau, je me dis que je suis mariée avec lui et que nous pêchons.

Quand il me demande de lui passer un autre ver, il sait que je ne rechigne pas, mes doigts y vont, juste après la requête, je ne le fais pas attendre par ce que je l’aime, je suis venue ici avec lui pour lui, je me dis que ce doit être bien de faire tout ça, et que je le fais aujourd’hui, comme les autres, en femme, en bottes, à côté d’un homme, une différence ?

Au bord de l’eau, je regarde ce que nous avons pris, d’un coup d’œil satisfait, recommence pour m’en assurer, le pied en avant, la pêche quoi, l’eau qui s’en va vers la droite, l’eau qui glisse tendrement au bords de nos pieds, et mon sexe que je sens palpiter.

Onze ans et le sexe qui palpite oui, il s’est donc réveillé, un jour de pêche, avec mon oncle.

Grâce à mon oncle puisque je m’étais vue mariée, enfermée dans l’appartement le soir, ils doivent penser aux poissons toute la soirée, c’est ce qu’on se dit avec mon sexe.

A midi nous sommes rentrés, avec les truites raidies, brillantes, et leurs couleurs sous la lumière.

Ma tante sait bien quoi faire avec les poissons mortifiés, elle les ouvre avec un bon couteau , vide leur ventre , nous dit lorsqu’il s’agit d’une femelle, oui les œufs qui coulent le long de ses doigts, elle nous dit qu’elle fera une bonne sauce avec , mais qu’elle ne sait pas encore laquelle, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle nous réserve.

Ca nous amuse d’aller tuer pour nous nourrir, réjoui d’avoir besoin, ça nous rend nos places, maintenant je sais que c’est ça, des prédateurs encore.

On les a fait griller avec des amandes, les truites scintillantes.

Je les ai mangées en face de mon oncle, comme le fait ma tante d’habitude, en face de lui, à le regarder manger son plat de mortes.

Il m’a servi de l’eau trois fois, comme des attentions, et m’a essuyé le coin de la bouche, comme un bébé, ça j’ai pas aimé, et puis je me suis dit, il m’a touchée. Alors mon sexe s’est contracté de nouveau sous ce charme, le coin de serviette appuyé sur ma bouche luisante ,comme la sienne.

Le soir ma tante m’a ramenée à ma tête mais les nouvelles images : le bord du fleuve, ne pas trop le découvrir, des bouches qui cherchent l’air, une cigarette au bout de celle de mon oncle. Une nouvelle sensation, dedans.

Dans la poitrine. ce soir là j’ai connu les palpitations. Le sang qui circule, qui enfle sous la peau, beaucoup de sang, se mordre les lèvres, j’ai connu le goût de ma bouche. Mes mains moites , j’ai mis du temps avant d’y descendre, de savoir où c’était, j’ai connu ce trou, j’ai imaginé les mains de mon oncle, pour mettre un visage connu, et avoir moins peur, avec les gens qu’on connaît, on fait des choses, on pêche, on danse sur les genoux, on fouille son sexe.

Le lendemain, j’ai toisé, avec mon secret, celui de ces derniers jours et puis ceux du soir, ceux que je touche, je ne me suis pas demandé si les autres le faisaient aussi, je me suis dit que j’étais la seule à savoir mon sexe, quand il est chaud, c’est idiot, je me suis dit qu’ils n’en avaient peut-être pas , c’est devenu ma grande interrogation, voir ce qu’il y avait ou pas dans leur pantalon, juste regarder.

C’est mon cousin qu’on faisait dormir dans le même lit que moi, à douze ans, parce qu’on est des enfants, ça craint rien, on peut nous mélanger dans un lit, ça prend moins de place , c’est surtout ça , le problème de place, c’est la promiscuité qui nous y a poussé, et puis la fois où j’ai collé mon petit poitrail un peu saillant vers son torse de douze ans, je veux dire surtout ce moment où mes seins ont pointé, ça , il la senti, et la première fois il n’avait pas bougé, comme je me suis dit qu’il n’avait rien senti, j’ai recommencé, bien fort, les tétons fous, j’ai bombé comme les dames, j’ai alpagué.

Et puis j’ai léché pour le réveiller, c’est la promiscuité avec un homme de douze ans, c’est tout frais, j’ai insisté sur le haut, j’ai insisté sur le flanc, je ne voulais pas lui faire l’amour, j’ai juste sorti ma langue pour qu’il la prenne, je ne savais plus qui il était à ce moment là, un cousin ? On dirait pas , on dirait plus ; je ne le sentais plus si cousin, et puis je le connaissais son corps, on nous douchait ensemble, dans le jardin, au jet pour nous amuser, tous nus, nous étions l’un en face de l’autre à rire sous l’eau.

Dans le lit, il ne s’agissait pas de rire.

C’est après le dernier passage des parents, le bonne nuit, la porte qu’ils ferment, pour faciliter notre sommeil, qu’on se touche enfin.

Bien caressée encore. Le sexe qui se prend pour un autre en secret.

Mardi soir mes parents ont fait l’amour. J’ai entendu. Et ces choses je les connais déjà bien, je l’ai déjà fait , tout ce qu’ils font dans leur lit, j’ai fait leur amour aussi, l’autre jour je l’ai fait, pas la peine de se cacher pour ça, j’ai touché l’autre corps aussi , j’ai trouvé ça comme eux. Sous les draps, ils bougent un peu, j’ai fait ça aussi, et j’ai aimé.

J’ai aimé l’embrasser un peu, être contre lui, je suis une femme, je grandi dans ces choses là. Je les entend, ils remuent, ils se disputent la journée mais là ils remuent ensemble, ils grouillent ensemble dans leur lit ; leur sexe n’a rien à voir avec leur tête, leur deux sexes ne se font pas la gueule, ou bien la haine est une posture. Comme la mienne , la haine de mon viol. Ce n’est pas lui que je déteste non c’est ce viol, ce petit con de viol, comment il s’est passé, comment il s’est passé de mon avis, comment il m’a retournée, ce viol précis, je le frapperais, si je pouvais.

Un matin je me suis réveillée, je me suis levée, et j’ai vu Paul.

Au point que je me suis dit j’ai bien fait de me réveiller ce matin.

Et je me lève chaque matin en me disant que c ‘est moi qui voit Paul écrit en grand .

Je n’avais pas vu grand chose avant, c’était la sensation de l’époque, que je n’avais rien vécu du tout avant , que je ne savais pas à quoi penser avant, l’esprit tout creux, des places vacantes pour le n’importe quoi d’avant, le temps qui passe d’avant ; et c’était tant mieux parce qu’à partir de ce vide j’ai rempli, entassé tout ce que je pouvais de Paul.

J’ai tout noté , je lui ai tout volé, j’ai écrit sa façon de marcher, la couleur de ses chemises, de ses pulls, je lui ai piqué son prénom, sur les portes des toilettes du lycée, j’ai tout volé en marchant derrière lui, devant, en l’attendant à la sortie des cours, en écrivant son emploi du temps, en déduisant son temps de marche d’une salle à l’autre pour le croiser, arriver à sa hauteur, qu’il me sente.

Courir dans les couloirs parce que les profs nous retiennent plus de temps que prévu, une vraie peur ; ne pas le croiser une dernière fois avant le week-end.

Paul. j’en suais, tressaillais, son prénom à la pointe du compas, souffler sur les copeaux de bois, repasser dans les sillons avec un feutre, pour remplir d’encre ; changer de place, et l’écrire sur le plus d’endroits possibles, ça me donnait du bien.

Paul. Il n’était pas vraiment humain, ceux qu’on aime ne sont pas des humains, ils ne peuvent plus puisqu’on les imagine même très près, même juste à côté, ceux qu’on aime , ceux qu’on a envie d’imaginer pour toujours. Je réinvente Paul, , je ne mange pas, je n’avale pas, je ne fais rien.

Je me suis vraiment intéressée à Paul, son adolescence, toute entière, en petits morceaux, par séquences, par pages, je l’ai voulu comme ça, c’était bon du Paul comme ça, je me suis dit qu’il aimait ça, qu’il ne rechignait pas, je me disais aussi que ce serait dur voire impossible d’aimer comme ça en allant dans les bars, ou au cinéma, ça n’était pas possible on ne peut pas conjuguer la convoitise et la malsaine proximité, s’embrasser, le plat dans l’assiette, devant soi, j’ai faim, on n’en parle plus après, là je faisais durer.

Il n’était pas question de se toucher en pensant à Paul, il n’était pas question de tout ça, le sexe qui tournoie dans le pantalon non ça n’était pas ça, et comme je pensais que les contacts de muqueuses étaient un peu sales, ( oui depuis peu on me harcelait pour savoir si je prenais la pilule ou pas, parce que tu comprends on sait jamais) du coup se toucher ça devenait un trop plein d’audace , j’aurais pu conduire une voiture toute nue sans papiers, là non c ‘est pas pareil, c’est la jeunesse aux commandes mais coucher ça non, et puis c’est pas si bon tu verras, on court tous après ça et puis on en revient déçus ( oui c’est la lettre type adressées aux filles pour qu’elles fassent leurs devoirs, qu’elles se passionnent pour l’histoire, les vies des autres, des équations, arriver à l’heure, parce que sa propre vie, la sienne, bien à soi, on aura bien le temps pour la découvrir, la savoir) non c’était en ce moment.

Elles flippaient pour rien nos mères, le cul c’est bon.

Mais à cette époque, c’était la guerre entre mon sexe et la plénitude de le savoir encore fermé.

Paul donc. Paul évidemment n’était jamais seul. Des filles autour, bien faites, souriantes, des gestes , leurs seins, après les cours ils iraient, samedi ils aimeraient bien. Il acceptait, je voyais sa tête accepter.

Seize ans, l’âge maigre de vécu, d’anecdotes à raconter plus tard ; seize ans l’âge sombre, celui où l’on veut mourir de tout, plate sous un bus enfin ; seize ans, l’âge simple, le café, les menthols au bord des bouches, à seize ans on ne vieilli pas , on a seize ans pour toujours, et coucher, on pense à ça, à tout ce qui serait bon pour notre sexe, à seize ans on se voit dans un lit, à seize ans on est trop femme, on aime les hommes qui nous le demande, nous sommes nos mères encore libres, elles, avant nous, à seize ans on se met à l’envers au dessus des toilettes du Gardel’s, avec un homme derrière, on ne sait pas mais ça fait bien, ça sonne plus vieille, parce qu ‘on pense que plus vieille on est capable d’accepter tout et que c’est ça être grande.

Et je n’avais plus l’ air de grand chose en disant ça devant mon sexe maintenant.

Il fallait bien vivre même pendant Paul, lui on le garde propre, c’est ça l’idée. Et puis je l’ai bien vécu l’ouverture de mon sexe.

Ca s’est passé un vendredi soir, toutes les filles ont ressenti ce besoin de se faire ouvrir un vendredi, juste avant le vrai week-end , parce que souvent les samedis en boite, les mecs sont plus vieux, ils savent, alors c’est mieux pour nous d’arriver en sachant aussi.

J’ai donc su, un vendredi aux dessus d’une cuvette. Bien sur avant il y avait eu prise de contact dans une allée de la boîte puis les préliminaires contre la porte des toilettes, celles des hommes, il y a toujours moins de monde, les filles ce servent souvent de cet endroit pour aller discuter, faire la distribution tacite des morceaux, tu prends cette moitié moi l’autre, comme un seul animal pour nous toutes, c’est un peu ça.

Donc je suis à l’envers sur les toilettes comme pour vomir, les mains sur le mur d’en face, la police derrière moi. Fouille. Comme j’ai des collants, il m’est impossible d’écarter les jambes, le monsieur me demande de relever le derrière au maximum, j’ai cambré au maximum, je me suis dit qu’effectivement ça lui faciliterait l’accès , je me souviens m’en être voulue, j’aurais pu y penser seule, à cet instant je me suis sentie bête.

Oui j’ai saigné, comme après un coup de couteau, ça pissait tant que j’ai du mettre une serviette comme pour les règles, ça pissait. Et puis j’ai ressenti de la curiosité pour mon corps, c’est à dire que j’ai touché , et il en restait encore de cette saloperie de membrane, j’en avais un bout qui pendait, j’ai tout arracher, ça dépassait, il fallait égaliser, j’ai arraché, enfin propre.

A seize ans je n’avais encore jamais eu d’homme sur moi parce que finalement debout le contact est limité, je ne me plains pas d’autant plus que tous les hommes de derrière que j’ai dégoté ont tous eu sans exception la délicatesse de replacer ma jupe. Après.

Pas de visage, et même plus de fesses sous leurs yeux.

A l’époque je parlais de ces petites attentions dans les toilettes ; et les fois où l’on me disait de sortir : Le pipi d’après l’amour. tiens tu sors s’te plait ?

A seize ans le plaisir ne se prend pas dans le sexe, c’est l’esprit qui se fait tapisser de blanc. La jouissance c’est le lendemain, quand on repense à tout ça.

Ce qui me faisait jouir c’était de récupérer un numéro de téléphone d’homme, un vieux , ceux qui peuvent être votre papa mais qui dans un moment d’excitation vous persuade que non, ce qui humidifiait mes parois, c’étaient leurs petits cris quand ils essayaient d’en tirer du plaisir , c’est à dire du jus hors d’eux, et ce qu’ils peinaient pour faire ça ! mon hypophyse me faisait savoir que tout allait bien dans ces moments là et il libérait son bonheur; mon corps tendu en bonne voie pour leur montrer ce que j’étais capable de faire ; oui parce qu’à cet âge là, les défis ne manquent pas, et ne pas crier quand un homme rentre et sors de vos fesses, à cet âge là le sexe de grande c’est montrer qu’on s’en fout, qu’il a l’air bien con à limer comme ça, qu’on préfèrerait être ailleurs, avec un mec plus beau, et que sa gueule on s’en fout de pas la voir, qu’on cherche même pas à savoir ce qu’elle est, qu’on sait que c’est mieux comme ça, parce que des hommes comme lui on s’en souvient jamais, le respect ça s’attarpe comme ça et il fallait dégager tout ça de dos.

Mon sexe ne s’est jamais plaint, il se laissait le temps d’y penser.

Son répit, c’était écrasé contre une assise de chaise, à l’école ,dans le bus, un canapé, une voiture.

Mais au moins c’était fait et il ne restait presque rien pour avoir plus de seize ans.

La pipe.

On gagne facilement trois ans avec ça. Mais là c’est plus son sexe mais celui de l’autre, ce qu’on s’en fout à seize ans, suce moi, oui. Les genoux à terre et puis l’autre qui vous regarde.

Ils ont le sperme absurde.

Tout leur corps est absurde, et ils ne savent pas quoi faire de leurs mains, ou alors ils vous appuient la tête dessus pour que ça aille plus vite, il faut que ça aille vite, comme chez le médecin quand le petit bâton de bois va trop loin dans la gorge, les toilettes toutes proches, ses gémissements comme quand on a mal, les genoux sur les dalles fraîches, leur sexe se dépêche, il n’a pas d’état d’âme, il se dégonfle ; on entend les autres pisser, tout le monde fait ce qu’il a à faire , on va jeter ce qu’on a en trop dans le corps.

Avaler.

la première fois j’ai tout recraché dans les toilettes. T’es pucelle m’a t-il demandé, pucelle de la bouche, du jamais entendu. Non, mademoiselle est difficile, elle n’aime pas le goût de tout. Et puis celui-ci avait une odeur de thon à l’oignon, j’ai imaginé tout ça dans une assiette, et puis je me suis demandé aussi comment ça avait atterri ici, non pas dans ma bouche mais là-dedans, son plat de ce midi là dedans, j’ai compris qu’il s’agissait de déjection, le sperme est une déjection et ils nous le mettent pleine pomme, je me suis sentie cuvette de toilette, mais par souci de cohérence, je me suis dit la prochaine fois, il faudra avaler parce qu’écarter l’autre pour aller cracher, c’est pas très joli.

Avaler.

La semaine d’après un autre, celui-ci avait un vif goût de métal , et je l’ai fait, tout, d’un seul coup et ça a fait du bruit comme quand on a très soif et qu’on boit GOULUEMENT. Quand c’est trop pour une seule petite gorge.

Tout ceci n’avait rien à voir avec mon sexe, j’ai fait ça dans son dos.

Je ne répandais pas d’ amour, je n’ en avais pas, il aurait fallu m’ en donner pour ça, pas de cet amour du même sang, celui là on ne s’ en sert pas tout de suite, je parle de l’ amour, quand on aime embrasser quel qu’ un et qu’ on cherche à le faire où qu’ on soit .Celui là je n’ en avais pas.

Et je n’ ai jamais touché à Paul, je ne voulais pas savoir s’ il avait voulu de moi à un moment, et puis on se désintéresse , on en trouve un autre, mais c’ est sur on se détache ou bien on ne s’ attache jamais.

Paul je ne le savais plus, ça n’ est pas que je le voulais plus, je lui aurais dit oui je crois, j’ aurais dit oui d’accord on y va, non on ne s’ attache pas.

Je voulais quelqu’un qui vole, qui va très haut, je voyais quelqu’un comme ça, qui regardait l’ amour d’ en haut , qui redescendait, prenait un peu d’ amour et l’ emmenait en haut, il me fallait celui-là.

Je couche avec des hommes, parfois deux dans la même soirée, ça n’ est pas beaucoup, c’ est seulement deux bites imaginez vous à faire l’ amour deux fois de suite et voilà, alors deux hommes , la belle affaire !

C’ est étrange comme on se retrouve dans un lit, le lit de quel qu’ un, vous ne savez pas et vous y êtes, c’ est comme ça, à cet âge-là c’ est ça, on ne sait pas, on essaie, et puis on est là sans y être vraiment, on ne veut pas savoir, et personne ne nous demande de savoir, c’ est l’ âge large, avec des fuyantes un peu partout, de belles perspectives bonnes à manger, tous les fruits sont murs à dix huit ans, la peau avec, tout est bon.

Et puis c’ est un âge qui a faim.

Hier soir j’ étais dans le lit d’un couple, pendant que la femme était partie, j’ étais dans leur lit, il ne changerait pas les draps après c’ est certain, alors mon odeur, mon parfum au citron vert elle le sentirait, je n’ ai rien dit ce ne sont pas mes attributions je n’ ai pas à faire attention, juste à ne pas trop détester ça, c’ est tout ce qu’ il faudra s’ employer à faire, il faudra que lui aussi aime ça, et il était confiant, dans ses draps.

Une fois seulement on m’ a proposé de regarder les photos, on me disait qui était sur chacune d’ elle, peut être pour que je me sente mieux, ou que je ne demande rien, je ne sais plus trop. Là c’ est ma fille aînée, là c’ est l’ année où j’ ai changé de boulot, un peu de confusion.

Il ne faut jamais se revoir, il ne faut rien entamer. Ils se sentent obligés.

Mais c’ est un âge qui a faim, un âge qui mange, un âge qui a un vide immense et qui ressent tout ce qu’ il ne sait pas tout ce qu’ il doit apprendre , tout ce qu’ on lui impose de savoir, c’ est un âge qui s’ impose à lui même ce qu’il doit regarder où pas, par où il devra passer ou non.

Mon sexe se voyait bien en plein travail, quand il y a quelque chose dedans et qu’ on se demande ce que l’ on ressent, parce qu’ on a un peu mal parfois, mais on ne dit rien, c’ est le seuil de douleur , le seuil de tolérance, et puis ça va de plus en plus vite et puis on nous fait des choses nouvelles ; on oublie qu’ on a eu mal, quand il y a du nouveau dans son sexe sur son sexe à propos de son sexe.

Comme ce viol qui était une sensation nouvelle, une effraction , un meurtre, on a tué mon sexe, on lui a tiré dessus.

Depuis je lui parle à ce sexe et je lui pose des questions il était temps parce qu’ il devient vieux, on vieilli plus vite dans le malheur, les gens heureux n’ ont pas d’ âge ; je lui pose des questions , je fais ce que je peux pour le rassurer, je le caresse pour qu’ il retarde sa mort, qu’ il accepte un contact, qu’ il veuille encore quelque chose.

J’ ai connu un homme, j’ ai fait la connaissance d’ un homme vieux, célibataire et très gentil, il a été tendre, généreux avec son temps, il en avait plein pour moi, et austère comme les gens gentils savent l’ être, non pas que je recherchais une sorte de méchanceté, juste un peu moins sentir le temps qui passe, être un peu moins bien, avoir un âge.

Trente ans je ne me souviens plus, lui sur moi bien sur c’ étaient des heures pleines ou creuses, ça je me le demande, je lui demande ; ça n’ est pas la peine de leur demander quoi que ce soit à eux, ils sont heureux, les gens heureux n’ ont pas de réponses.

Il est resté plein d’ années je ne recule devant rien, je l’ ai gardé avec moi comme un bon gâteau qui n’ aurait jamais de dernière bouchée, un homme qui dure longtemps pour essayer, voir ce que ça fait de dormir avec un homme ; au début on a peur, on est recroquevillée, chétive, un sexe menu dans le noir, et puis il y a cette peau qui n’ est pas très ferme, qui est plus vieille, et puis on a faim encore un peu, et puis de moins en moins et puis les yeux ouverts dans le noir à écouter la respiration.

Les yeux dans le noir c’ était un peu après le viol, peu après ce mot hautain qui semble bien vous remettre à votre place.

Le viol s’ est passé pendant cet homme, il n’ a rien fait, il ne pouvait pas il n’ était pas là pendant. On en veut aux absents, parce qu’ ils ont tort de ne pas être là, c’est plus fort que soit c’ est plus fort qu’ un sexe, ça a plus de pogne qu’ un violeur ; mon sexe a connu la force, on m’ a forée dedans, pendant deux heures ça n’ a pas été rapide, comme ça aurait été sur un trottoir ou devant chez moi, j’ aurais senti vaguement un sexe entrer, je ne m’ en souviendrais plus, on m’ aurait bousculée parce que je prenais trop de place, j’ aurais compris les choses comme ça , c’ est ce que je me serais dit.

J’ aurais peut être encore son visage en tête parce que là rien du tout, je ne me souviens de rien ni de son nez ni de ses cheveux, ni de la taille de tout ce qu’ il a entré en moi, rien du tout je ne peux même pas haïr.

Et même ces deux heures je ne peux pas les vomir parce qu’elles ont été trop longue pour un crime, c’ était trop réfléchi, il s’ est dit j’ aime ça je reste tant qu’ elle ne criera pas je serais là, je ne criais pas je n’ étais pas vraiment là, j’ attendais qu’ il parte ; il pourrait être encore sur moi aujourd’hui peut-être.

Deux heures sur moi, je n’ ai pas parlé, j’ ai respiré un peu fort sous le poids du type, j’ avais du mal à respirer bien, et puis il était sur moi, il était par derrière, il a du entrouvrir la bouche de dégoût en me voyant de dos il a du se dire que je m’ offrais, que j’ aurais pu me méfier, me retourner, et peut être aussi que j’ étais une honte pour le désir.

Je n ‘ ai pas été une vraie victime, je n’ ai pas été une bonne victime. J’ ai peut-être été son pire « coup ». Il a du souffrir à besogner une morte pendant ces deux heures, c’ est pour ça qu’ il est resté, il attendais que je sois digne de sa prise, que je lui fasse honneur.

Et puis il s’ est essuyé sur mon chemisier, on me l’ avait déjà fait avant, j’ avais déjà connu le viol sans doute, si ce n’ en était pas , j’ en ai tiré le même plaisir, et la même façon de s’ essuyer comme ça en allers retours avec le tissus, mes vêtements, ils avaient déjà fait ça les autres, mais je n’ étais pas mariée, ça n’ était pas dans ma maison, nous avions déjà fait l’ amour ici sur ce tapis avec mon mari, plusieurs fois , pas pendant deux heures, mais un peu moins, c’ est déjà arrivé.

D’ autres se sont essuyés comme lui, et puis sont repartis sans me regarder comme lui, j’ avais vu déjà ces images, je n’ étais pas surprise de ce viol, j’ ai vécu avec pendant des années sans me dire que je m’ était faite violée, non c’ est aujourd’hui que j’ ai trouvé un bon moyen de le détester ce viol, j’ en ai parlé.

Ce sont les autres qui nous disent de ne pas aimer le viol, je l’ ai aimé dans le sens où je n’ en suis pas morte, moi, aujourd’hui je sais qu’ il a flingué mon sexe, il m’ a fait sauter le sexe, ça aurait pu être pire c’ est que je me disais avant qu’ on me dise tu te rends compte c’ est très grave, avant qu’ on me mette en tête que c’ était le pire, que même me tuer ça n’ aurait pas été pire, parce qu’ il a visé le sexe et que dès qu’ on en parle…

Tuer quelqu’un n’ est pas sulfureux, le viol c’est indécent, c’ est déshabillé c’est presque nu il reste de la peau recouverte, c’ est un effort, un violeur a de la force, il sait ce qu’ il veut, un tueur lui n’ a pas de mérite ni lui ni la morte, ils sont secs à l’ intérieur, ils n’ ont rien à dire le violeur lui on lui demandera mais qu’ est ce qui vous a poussé à faire tout ça, ils demanderont tous ses détails tous ses détails à lui, et puis ce courage de ne pas me tuer, comment a t il fait pour ne pas avoir envie de me tuer, c’ est qu’ il ne voulait pas ce petit plus qui n’ en est pas un pour lui, il ne voulait pas être vulgaire.

Je me suis tout de même un peu doutée qu’ il y avait eu agression, juste après qu’ il ait fermé la porte et qu’ il soit reparti tout vide, et puis ces deux boules qui se remplissent de toutes façons, à l’ infini ; elles se vident, se remplissent en boucle, les couilles n’ ont rien d’ intéressant.

J’ ai eu cette envie de me laver, partout sans oublier un seul endroit recouvert de peau je crois même que j’ ai cherché à laver l’ intérieur en y mettant les doigts, je voulais savoir si c’ était différent, je me suis aperçue que non ; j’ ai bien touché, j’ ai utilisé le majeur j’ ai vérifié les parois, j’ ai fait mon propre examen, je savais quoi chercher moi seule savait ce qui venait d’ entrer, même en leur expliquant ils n’ auraient rien compris ; peut-être un peu s’ il y avait eu des ecchymoses.

Je ne me débat pas lorsque c’ est grave, je n’ avais rien contre le fait qu’ il viole, j’ aurais en revanche eu peur qu’ il tape.

On connaît bien les sensations d’ un sexe qui va et qui vient, je ne connaissais pas les coups, j’ avais peur qu’ il me batte ou qu’ il me découpe avec une lame. je n’ appréhendais pas son sexe, mais plutôt sa détermination à vouloir autre chose, à vouloir plus ; je l’ ai laissé violeur, j’ ai tout fait pour qu’ il me viole un point c’ est tout.

Quelqu’un a voulu faire l’ amour avec moi sans que je lui demande, et on le chercherait et on le condamnerait ; je n’ ai rien dit, je l’ ai laissé partir. On en est resté au viol. je me suis rhabillée très vite et je me suis lavée et je n’ ai rien oublié, j’ ai nettoyé mon corps comme celui d’ un nourrisson après la sortie du ventre je voulais qu’ il soit bien propre, présentable.

Si j’ ai parlé avec mon sexe après tout ça oui je l’ ai fait. Parce qu ‘un esprit est infiniment doué pour ignorer qu’ il souffre, un corps lui n’ a aucun mal à le crier.

Je sais qu’ il m’ en a voulu de ne pas avoir ouvert ma gueule, il m’ accuse de ne pas l’ avoir secouru, et c’ est la vraie culpabilité, quand elle se dirige envers soi-même qu’ elle n’ est plus l’ affaire d’ une autre personne.

ça n’ était plus le devoir du violeur de s’ excuser, j’ avais des devoirs envers mon sexe et lui des droits, je n’ ai rien fait pour qu’ il ne souffre pas je ne l’ ai même pas considérer comme un membre de mon propre corps je l’ ai désolidariser, il était jusqu’ à présent un étranger, un voisin de palier.

Il m’ énervait presque à vouloir des choses, et puis ce sang, ces maux de ventre, je ne l’ aimais pas trop jusqu’ à présent. je n’ avais pas vu qu’ il faisait partie de mon corps, je ne le regardais jamais, je ne connaissais pas sa tête, il a fallu que quelqu’un m’ y pousse et cette personne je pourrais presque lui dire merci, merci de m’ avoir violée, merci de m’ avoir découverte, foutue à poil là où il fallait ; je pouvais presque faire ça.

Je me devais de lui relever la tête.

Une nuit plus tard, j’ écoutais la respiration du sommeil profond ;j’ ai dit fais moi un enfant, j’ ai eu envie de connaître ça.

Il fallait que ce soit lui qui le fasse j’ avais besoin de lui, j’ ai ressenti cette nécessité, j’ ai compris pourquoi il était ici, toutes ces choses que je comprenais d’ un seul coup !

J’ ai revu mon oncle me caresser les cheveux pendant la pêche, je sentais cette attente délicieuse et inévitable, je ressentais le besoin d’ attendre pour avoir quelque chose de bien ; il m’ a caressé les cheveux, j’ ai trouvé un peu de désir pour qu’ il m’ en mette suffisamment, il fallait qu’ il trouve la force comme l’ autre l’ avait fait ; nous faisons l’ amour, je ne dis pas baiser parce que faire l’ amour ça dure une vie, faire l’ amour ça n’ est pas baiser, faire l’ amour c’ est construire l’ amour, cette nuit là nous n’ avons pas baisé.

Il m’ a fallu trois semaines pour savoir. Si ça avait marché, si nous avions fait l’ amour.

Pendant trois semaines je l’ ai détesté lui le mari je l’ ai regardé comme un violeur, je me suis dit qu’ il n’ y avait peut être rien, qu’ il m’ avait baisée pour rien, comme un viol, comme ça pour rien.

je l’ ai accusé de ne pas en avoir eu envie, de m’ avoir fait mal pour rien, il n’ a pas compris , bien sur il ne savait rien. Personne ne s’ imagine disant on m’ a violée, personne ne peut dire ça sans rire, on ne peut pas ; c’ est arrivé, mais on ne peut pas. On ne veut pas être vue dans cet état là. personne n’ est prêt à trahir son sexe de cette façon-là, tout dire aux autres, qu’ ils sachent tout ce qui s’ est passé à l’ intérieur.

Il a fallu attendre trois semaines pour supposer que nous l’ avions fait cet amour, celui qui pousse dans le ventre, dans le mien, pas dans le sien.

j’ étais avec un ventre creux, j’ ai senti ce vide pendant trois semaines, j’ attendais la même chose que mon sexe ; nous nous étions compris lui et moi, il allait me pardonner.

Il attendait avec une grosse bulle vide, pleine de ce que nous attendions, au dessus de lui. j’ aurais mis n’ importe quoi dedans , le bébé de quelqu’un d’ autre, un gros coussin.

Il y avait bien quelque chose à l’ intérieur, je le sentais bien, c’ est un sentiment un peu confus, quelque chose s’ accroche, un petit morceau , on imagine un petit bout de viande très rouge, pas cuit, suspendu.

Il y avait un petit morceau de viande rouge en moi. Je lui ai quand même donné un nom à ce qui n’ était encore rien il y a un jour, il n’ est plus rien il n’ est pas grand chose, et je lui ai donné un nom.

Le mari n’ a rien vu, il a dit que c’ était fabuleux, il était content que nous ayons fait l’ amour, il ne voyait rien encore ,il pensait encore au plaisir qu’ il avait eu, il était encore essoufflé, il faudrait qu’ il plonge sa main à l’ intérieur, qu’ il cherche un peu, qu’ il gratte les parois, pour le sentir sous ses doigts et savoir qu’ il y a quelqu’un là-dedans.

Ils ne comprennent pas trop comment on peut dire « quelqu’un » en parlant de viande.

La viande se plaisait bien à l’ intérieur de mon sexe, et ce sexe ne se posait pas de question, je lui devait bien ça, de le rendre heureux, qu’ il soit utile.

j’ avais vraiment tenu à ce qu’ il connaisse ça surtout après qu’ un inconnu soit entré, j’ avais tenu à coucher avec mon mari très vite, je me suis dit que son sperme allait annuler l’ autre, il ne le sait pas mais il a sûrement effacé les traces.

Et puis on se sent complètement ronde, parfaitement ronde, je pense à toutes sortes de choses, je ne sais pas si j’ y pense bien mais ces pensées me secouent la tête, je me persuade qu’ il y a d’ autres façons de se faire violer, j’ imagine qu’ il y a du avoir plus rapide comme viol, il y a des femmes qui ont eu mal moins longtemps, et puis je me dis que dans quelques jours j’ aurai mal encore ; je le revois sur moi, je le sens par derrière, je me demande s’ il me violerait comme ça aujourd’hui, je me demande si je risque quelque chose ; je n’ ai plus la forme d’ une victime.

C’ est un gros morceau de viande, c’ est mon morceau de viande, mon poids à moi, il sera à nous lorsqu’ il voudra bien sortir.

Il me frappe de l’ intérieur, je le rassure en posant ma main sur la paroi mouvante, nos mains se suivent, en fait je ne sais pas vraiment ce que je touche, un coude, un genou, un pied ;j’ imagine qu’ il est fait comme nous, je le prend pour un petit animal, il remue comme quelqu’un qui est mal , comme quand on cherche une bonne position dans le lit, il cherche sa place.

Quand il ne bouge plus je me dis qu’ il est peut-être mort alors je lui tapote là où je crois qu’ il y a la tête , ensuite il remue.

La nuit s’ étale sur moi comme une grosse baleine ; je ne vois plus que ça, de gros volume se mettre sur moi, sur mon dos, sur mon ventre, ils viennent tous danser sur moi. Je sais que ce sera un fils, dans quelques jours je serai hors de lui, je pourrai m’ en échapper. De cette masse qui me prend par devant. Il accouche de moi dans quelques jours, il va se débarrasser de mon poids, il va se désolidariser, nous ne serons plus étranges, nous seront vraiment deux ; je ne sais pas ce qu’ est un accouchement, je me demande si on est sale, recouvert de quelque chose, toujours quelque chose par dessus.

Il est sorti, il s’ en est sorti de ce sexe, mon sexe l’ a libéré, et il est tombé en dessous, tombé du ventre, je l’ ai lâché.

Il doit se demander pourquoi je le regarde fixement, pourquoi je sais que c’ est lui mon fils, nous le regardons comme si nous étions surpris par sa présence, il pleure, ça ne doit pas le rassurer, nous ne le regardons pas comme une évidence, nous savons que c’ est ce que nous devrions exactement faire, le regarder parce que c’ est lui ; à cet instant, il est une surprise, nous ne le connaissons pas, nous ne l’ avons jamais vu, il est comme un inconnu qui se serait introduit chez nous, et nous aurait pris par surprise, par derrière.

C’ est que je me demande par où il est sorti. On m’ a ouvert le ventre, en bas, une ligne à peu près droite, ils ont fait comme ils ont pu ; il a préféré me défoncer le ventre, je pense qu’ il a voulu s’ échapper sans qu’ on le remarque, il a voulu éviter le sexe.

Mon sexe n’ a pas vu mon enfant, je lui ai fait un enfant dans le dos, c’ est ce qu’ il doit se dire ou bien c’ est lui qui n’ en a pas voulu, peut-être ne veut il plus que quoi que ce soit ne passe par lui, pas même un autre sexe.

Je sais que c’ est ça, je sais que mon sexe ne veut plus rien, j’ interdirai tout accès, il va falloir que je le protège de tout ça, tout ce qui voudrait entrer sans qu’ on le lui demande. Plus rien par derrière, ni par devant, plus rien dedans.

Je l’ ai annoncé , au lit, quelques soirs après la sortie de l’ hôpital, j’ ai dit je crois que je ne veux plus de ton sexe, ça suffit, je ne peux plus. Il a ri tout comme j’ aurais ri en entendant on m’ a violée, j’ aurais ri très fort comme il l’ a fait, il pense que je suis sous une sorte de choc, et qu’ il me laissera tranquille tant que je le désirerai ; me laisser tranquille, le sexe ne laisse pas tranquille, il le dit lui même, je serais paisible sans ça. Je voulais l’ être jusqu’ au bout de ma vie, jusqu’ à la fin de mon sexe.

Je me disais qu’ il avait une fin. Qu’ un jour il n’ allait plus vivre, perdre son désir d’ être là, ou se déplacer , un jour il ne servirait plus à rien, un jour il ne voudrait plus obéir.

la révolte d’ un sexe, il s’ est dressé un soir et j’ ai dit que je ne voulais plus rien dedans, j’ ai décidé pour lui, avec lui, je l’ ai écouté.

Il y avait maintenant deux corps dans ce lit, deux corps qui ne se lisaient plus, deux corps qui ne se disaient plus rien, des jours, des semaines des mois à ne plus se parler, à ne plus vouloir s’ allonger à côté, non allongés on y pense, il pourrait avoir envie, on ne se couche plus et puis il faut partir.

J’ y pense. Il y a l’ homme en colère, l’ homme qui veut qui a besoin, son âge qui a faim, il ne désire pas, il veut sa bouffe, ça n’ est pas du désir, c’ est une conversation qu’ il n’ aura jamais, il ne veut pas savoir, il veut juste avoir besoin, se sentir lourd et gêné , il n’ y a pas d’ amour dans ce lit, il y a la contrainte d’ être sous un homme qui a demandé avant, qui a mimé le désir, qui s’ est approché, et il y a l’ homme en colère, l’ homme qui a besoin que des choses sortent de lui peu importe quoi, il le faudra, et sa colère sort, l’ homme plein enrage ; je suis une victime qui consent concède et reste en dessous pour ne pas voir la colère, je suis une victime qui dit non et qui attend la colère, selon les jours, un viol.

Je suis un viol, je me vois en viol, impudique à ne pas rechigner, le soir je capitule ou je me défend tout dépend de la manière dont j’ aime être violée.

Je ne referai plus jamais l’ amour on ne me fera plus d’ enfant, je n’ ai plus l’ âge, mon sexe est vieux, il est sec et ne sait plus faire, il n’ a plus envie, il dit que c’ est trop tard, que je ne dois plus.

Vendredi soir je suis sortie avec deux amies

je voulais voir si j’ avais encore des

choses à dire, si j’ avais encore de la conversation. Parce que depuis le viol plus rien n’ est grave, plus rien

je vais parler avec deux femmes de mon âge qui ne comprennent pas leur sexe, qui ne se demandent pas si elles doivent le laisser partir, elles ne savent pas ce qu’ elles veulent, resteront là pour toujours ; leur sexe sera resté en rade, je ne dois rien leur dire, chacun peut parler à son sexe dès qu’ il le désire, j’ ai attendu qu’ on le manipule d’ une drôle de façon pour le faire ; il leur faudrait peut-être un viol pour comprendre, il faudrait que je les viole ce soir devant nos verres, je les défroquerais à table.

J’ ai bu au viol et à tout ce qu’ il m’ a fait, quand il a enlevé mon pantalon, quand il a passé sa main derrière ma culotte, j’ ai bu à tout ça, même au moment où il m’ a retournée, j’ ai tout bu.

Ce soir nous sommes généreuses de nos cuisses, nous les montrons nous cherchons à plaire aux yeux, nous ne voulons pas vieillir nous ne voulons pas nous exclure d’ une potentielle agression, nous voulons faire envie, à cet âge là encore avoir peur dans la rue, avoir peur dans le noir, dire on ne sait jamais, se dépêcher de rentrer.

le viol on ne le déteste pas, c’ est quelqu’un qui a eu envie de nous, de façon soudaine, juste baiser. Ce soir nous serions prêtes à le faire, à baiser avec n’ importe qui je ne sais pas ce qui nous prend, on en parle, c’ est naturel, on a envie ; finalement elles l’ ont peut-être eu cette fameuse conversation, et ce soir elles ont peur de plus jamais pouvoir y toucher ; ce soir c’ est peut être la fin de leur sexe.

Nous marchons ensemble dans la rue, nous rions fort, c’ est l’ alcool qui nous aide, on ne se refuse rien, nous marchons en bottes, en jupe et nous nous plaisons, nous sommes belles, nous rions, nous sommes heureuses.

Une adolescente nous demande du feu, l’ une de nous lui tend un briquet, je crois qu’ elle nous regarde avec envie, elle nous admire d’ être vieilles et belles, et nos jambes elle les regarde aussi, elle les voudrait, elle nous viole du regard, elle sait ce que nous cachons, elles se dit que nous sommes trois belles salopes et que nous voulons du sexe, elle se trompe nous voulons notre sexe, rien de plus.

Nous allons dans un bar, celui ci ferme assez tard, nos maris doivent dormir maintenant, cette idée nous rend encore plus libres, qu’ ils soient inconscients, presque morts.

On en parle comme s’ils étaient morts, comme s’ils n’ existaient plus du tout.

Nous voulons qu’ ils aient disparus ce soir à l’ heure où nous buvons, ça n’ est pas tant l’ alcool qui nous saoule mais l’ idée de pouvoir accéder au pire ce soir.

Nous voulons nous permettre le mensonge, j’ ai tout fait pour que nous en arrivions là, ensemble à parler d’ autres hommes jusqu’ à la taille de leur sexe, que nous présumons, nous savons notre chance de pouvoir le faire et de nous apercevoir quand un homme bande, nous aimons le dire nous aimons savoir que nous y pensons encore.

Nos jupes sont courtes et nous le savons bien, nous attendons qu’ elles attirent, ça n’ est pas nous mais nos jupes, ce sont nos vêtements qui parleront pour nous, qui leur diront de nous pousser contre la porte des toilettes, nous cherchons ce sexe rapide, gratuit, avec ce type que l’ on ne connaît pas, que l’ on ne reverra pas, il partira quand il aura fini, il baissera ma jupe, je ne sais plus trop si j’ en ai envie mais il est trop tard, il faut bien faire son âge ; à une table je repère un groupe de jeunes hommes ils rient se racontent des choses le nez dans un verre, ils en commandent pour nous ; ils ont senti ce que nous faisions ici, et nos vêtements aussi.

On ne se demande plus ce que nous faisons ici, il est tard, nous sommes là et c’ est tout, nous ne sommes plus mariées, elles ignorent le viol, je le sens très proche, je sais qu’ il va arriver, je le connais et je n’ en ai pas peur ; je décroise les cuisses, j’ ai plusieurs décennies de savoir-faire, je me sens bien dans cette peau de femme qui cherche, mon sexe palpite, il attend quelque chose, je connais l’ attente, les proies, mon sexe qui palpite encore, je le croyais désireux de mourir, je le découvre à nouveau, peut-être parce que ces jeunes hommes sont des sensations nouvelles, à l’ intérieur. J’ ai de l’ appétit, elles en ont aussi, nous n’ en parlons pas, nous allons sûrement nous partager le butin, savoir qui prendra qui, comme des harpies, ou les sexes que nous sommes.

Ils nous invitent enfin à leur table, nous allons boire ensemble, nous allons mentir, sur notre âge, nos situations familiales, plus personne n’ existera, nous nous présenterons seules, déployées, acquises.

L’ un d’ eux nous demande combien nous prenons, nous n’ étions pas préparées à ça, l’ une de nous a senti son sexe se contracter à la pensée d’ un prix, à combien nous nous évaluions, ça m’ intéressait bien de le savoir , nous hésitons nous sommes des professionnelles, nous annonçons le prix après, on ne nous ramasse pas dans la rue, nous ne nous présentons à personne à la vitre baissée d’ une voiture, nous sommes ici et on nous demande combien ce serait pour nous passer dessus tous en même temps dans une chambre.

Aucune de nous n’ a eu la maladresse de dire que ça ne nous amusait pas, aucune de nous ne l’ a mal pris, nous ne mettons pas de barrières et nous savons bien que l’ argent rendrait les rapports plus faciles plus sains sans amour, sans suite possible, nous les voulions sans contraintes de jouer à celles que nous étions, des femmes capable d’ aimer.

A quoi nous ressemblons, nous ne nous y attendions pas, nous nous sommes habillées chacune dans nos maisons sans concertation, nous sommes sorties pour nous amuser, nous ne savions pas.

Nous n’ avons pas d’ âge, nos sexes non plus, nous le comprenons bien ce soir à nous demander combien nous valons toutes les trois. Ce soir nous voulons nous amuser de cet amour qui fait peur.

L’ un deux semble particulièrement jeune , je pense à lui demander son âge, il me montre sa carte d’ identité et cache son nom de famille, il s’ appelle Benoît , je décide de le prendre en sympathie, je me dis que si jeune il ne me fera pas mal, j’ ai ce genre de préjugés, il m’ en restera toujours parce qu’ on ne peut pas tout vivre, ce soir j’ ai un peu de temps pour goûter à eux, nous sommes à l’ aise, vautrées sur cette jeunesse ; nous avons trouvé nos marques, chacune de nous a le sien, son sexe à faire.

Nous prétendons avoir un hôtel attitré , je me demande si nous allons vraiment tous y aller, je pense en termes d’ échange, lequel après « le mien ».

Elles semblent folles, et le fait d’ être éberluée par leur comportement les drogue, les galvanise ; elles se fichent bien de ce qui peut leur arriver, elles ne se méfient pas, ils sont plus jeunes, plus beaux, ils ne pensent pas à tuer.

Le jour où on m’ a flingué le sexe, le jour où on m’ a empêché de continuer à être tranquille, m’ est revenu en tête, au moment même où nous avons quitté ce bar, où nous avions une adresse, et ces quelques heures à leur donner ; elles riaient encore à ce moment là de la nuit.

Le plus jeune a dit non on n’ est pas sérieux en fait, vous êtes sympas les filles mais non ; les autres ont soufflé ils n’ avaient pas eu ce courage ; cette nuit là on nous avait appelé les filles et cela nous a suffit .

Nous ne voulions pas autre chose qu’ être prise pour des filles, ces trois jeunes hommes nous avaient bien rendues heureuses jusque dans la rue ; nous les avons presque aimé de s’ être dégonflé, nous les aimions d’ être si jeunes.

J’ ai tout de même gardé le numéro de téléphone de Benoît, je fais mine d’ être la grande gagnante de cette nuit et j’ ai rangé ce petit pactole dans mon sac.

je n’ aime pas me demander jusqu’ où j’ aurais pu aller, je n’ aime pas savoir que je n’ aurais jamais pu le faire ; en rentrant nous en avons vu une prostituée, arc-boutée, les deux mains sur une portière de voiture, nous l’ avons regardée comme si nous ne nous ressemblions pas ; et ça n’ était pas le cas, ce soir nous avions la décence de la trouver courageuse, ce soir là nous l’ avons regardé, je ne sais pas vraiment pourquoi, elle avait l’ air brave d’ aller au devant du viol, de calmer la colère de quelques hommes.

Je regarde toutes celles qui attendent, sur le trottoir, au bord, et les voitures qui glissent tendrement à leurs pieds.

Je suis revenue chez moi, je me suis couchée auprès de cet homme, j’ ai cherché à ce qu’ il me touche cette nuit-là, je voulais qu’ il m’ enlève ma soirée de la tête ; j’ai posé cette tête sur son oreiller, j’ ai touché ses reins, je l’ ai un peu griffé, je voulais vraiment ne plus voir ces étudiants, ni mes ongles caressant leurs avant-bras.

J’ai attendu le désir c’ est une affaire de vas et viens, c’ est le seul mouvement plausible entre un homme et moi.

Je me suis poussée à désirer il le fallait là tout de suite. Je pense que son sexe en moi me rendra partiellement amnésique, il n’ y aura plus ce qui s’ est passé ce soir, ça marchera je suis une oublieuse ; j’ aurais pu exécuter les trois étudiants, les prendre en main, me les faire, je me suis amusée à les vouloir, mais cet homme là dans ce lit me rend coupable, je devrais lui dire viol, je devrais lui livrer ça maintenant, lui en mettre partout mais je ne le ferais pas, je ne suis pas capable. Je ne leur ai pas dit à elles non plus, je le ferais pas, nous ne nous serions pas amusées et nous aurions pris les trois étudiants sur un ton grave, on ne les aurait pas admis.

Je n’ ai pas les bras, ni les jambes, cette histoire de viol n’ est pas solide, c’ était il y a longtemps, je ne trouve plus les mots qui indiquent l’ amour depuis ce temps là, je fais semblant, je baise faux.

J’ ai écarquillé les yeux pour retrouver la silhouette de mon sac dans le noir, je voulais le sentir tout près avec le numéro de téléphone dedans.

J’ ai désiré cette porte de sortie, j’ ai aimé l’idée de quelqu’un d’ autre en moi. Quelqu’un qui n’ est pas méchant, qui a renoncé à moi.

Ce sexe, ce n’ est pas que je le détestais, c’ est que je ne m’ entendais plus avec, il ne retenait plus mon attention, il ne savait plus, tout comme ce qui pouvait entrer dedans : coton, sperme, doigts.

Après un viol, tout ce qui va dans le sexe n’est que message de soutien.

Je cherche cet inconnu indispensable, impitoyable, qui n’ autorise pas de « baise passable », j’ ai senti mon sexe l’ appeler, il l’ a gueulé en même temps que moi, enfin.

Je l’ ai eu ce discours , deux voix simultanées ; on s’ est dit que ce ne serait que des rencontres de sexes, que le mien ne s’ opposerait à rien, qu’ il serait encore sous viol, je lui pardonnerai comme ça, en lui disant chaque jour, que ça continue.



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