L'Absolu Nos Textes

 

L'Abandon

Jean Pascal Rodes

essai romancé

 

Extrait 1:

"J' ai plein la tête de ce hululement précieux qui chavire à chaque plage, avec le mordant des siècles sur le plateau de Gizeh…Je reste de marbre sur les dunes soyeuses, dans les méandres sentimentales de la proche asphyxie, enneigées par les kimonos blancs de geishas malicieuses.

Tétanisé, je m'extirpe de l'astre du levant ; en sursis. Il, elle, devra faire attention, c'est souvent très près de l'abîme que le fleuve des illusions se répand comme la traînée de poudre des approches finales vers le rien absolu de la vérité qui se trahit.

Je reviens ; des murs suinte une douleur qui résonne comme l'horloge, trotte contre les horreurs, qui me tiennent loin d'elle ; et ce malheur fauche ; ailleurs de ses ailes, de ses bras.

Ici, sur nos visages en panne c'est le fouet du vent qui passe et pardonne, à quatre pattes dans la flaque de sang.

Il n'y avait plus grand monde dans le petit palais ; pâleur du début du jour, glissade des nuages de mousson dans un grand voile blanc-aube sur le fond d'un jazz juste reposé contre l'appétit des oiseaux qui chantent…"

Extrait 2 :

"Indiscrétions fugaces sur les pastelles bleutées de ses bretelles rayées ; passerelles déployées vers le point iris de vapeurs turquoises ; sans désirs ni espérances, les passagères sont descendues, aimables, en voyage, sans humeurs ; juste la conversation des canards, sans heurt, des voiles étendues, en oubliant les issues. Seules aussi."

Extrait 3 :

"Aux fond de mes yeux se déplaçait nos corps en une danse de fractions éternelles et d'arabesques magiques. Au détour des pétales irisés, émeraude et azur, je revis Marina, les formes du temple, le petit pavillon sacré de nos retours amoureux.

Calèche des désirs qui s'ébroue à grand vent dans le pas des sabots et le souffle des chevaux noirs comme l' étendue. De la nuit et de ses mystères fanés ou rajeunit, c'est suivant. Suivant le cours des choses. Le cours. Haut et court. Savantes interjections d'enseignements et de questions en suspens. Inter-gestion. Lévitation des superbes. Sable fin des sentiments et des images entres-coupées, fétichisme du souvenir vivant en contre-plongée. Vivarium des abhorrés, museum défiant les rivières de marbre roses. Déconfiture dans le passage à maintenant, sarcasme du temps qui vrille et plombe, étonnant cette fois."

Extrait 4 :

"Novembre 1998, il est là, ce cycle ; siècle du verre ; du reflet ; du paraître apparu.

Le voilà ; il arrive et envahi les quelques jardins avec la réflexion chromatique de l'impuissance. Leur miroir. Il ne renvoi qu'une ombre fumée, et non la lumière. De béton en glaces titanesques ; on ne se dégage pas. De reculs en renvois ; on est punis.

Alors comme ceci, comme cela, tu braques ; tu Bracq dans le débrayage…Grillage…Oeillade par dessus le siècle. Eternel mièvrerie des sceptres…Bas étages…Sac…Etalage des impuissants, falsifications … Et hop ; dans le décor…Pacification dans la désespérance…Présence de l'au-delà, patente ; là, dans les infimes particules de l'eau qui frémit ; saut en avant…Subrepticement…Inhalation de Maller… Fleure…Affleure…L'éternité…Terminé…En pleurs dans l'étang clos…Etaux.. Peau, sot, veau des martyrs… Sainte Hélène de l'enfant qui laisse choir et mets bas la feinte de l'épée du mâle. Sauvageons ! Laissez donc le champs libre ; la caserne propre…Il faut de la discipline quand on est aux antipodes de chez soi ! Sergents du ressentiment garde à vous ! Un verre de vodka casse ; se brise en pic sur le masque de fer…Celui qui vient de sortir n'est plus un fils ; même pas un vagin répudié ; juste un relégué au banc de l'histoire.

Paris ; bise d'automne, syncopes ; interlopes hallucinés…Dédicaces sur délicates enveloppes… Captation du ressenti dans les magnificats et ouvertures…Salomon dans la panse … Devisées d'autobus et valse de comptoirs... Dérive abusée pour marche rédhibitoire ; vice de forme dans la marge."


 

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